Voici ce qu'elle déclare :
« Le 2 août au soir à la kommandantur de Lannion on reçoit l'ordre : emballez tout, tenez vous prêts à partir, toute la nuit, on brûle les dossiers.
Le 3 août au matin on charge des montagnes de caisses sur un camion géant ...
Le lendemain le camion sautera sur une mine ...
Le 3 août à 20 heures 30, l'ordre arrive Narvik départ imminent.
Liberté de cambuse. On règle ce qui est dû aux femmes de service avec la partie du butin des pillages qu'on a pas pu emporter...
Le 3 août à 22 heures départ par route de Tréguier ... en mitraillant au passage un tué et un grand blessé à La Roche-Derrien. »
Ce qui détermine « ce sauve qui peut » des organismes de commandement, c'est le déferlement les 1er et 2 août des divisions blindées U.S. débouchant d'Avranches sur Pontaubault et au pont sur la Sélune sur la pâte d'oie qui leur ouvre les routes sur le Nord Bretagne, Rennes et Fougères.
Le 3 août à 18 heures tombe le fameux message de la B.B.C. en destination des forces de résistance en Bretagne « Le chapeau de Napoléon est toujours à Perros-Guirec » qui déchaîna l'insurrection nationale c'est à dire la modification totale de la tactique de guérilla : il s'agit dorénavant de l'occupation des villes, de portions de territoire et de s'y maintenir, de bloquer et d'immobiliser les garnisons et les forces allemandes, de leur interdire les déplacements ...
Un autre élément, ajoutant à la grande panique chez l'occupant dans la journée du 3, sera une directive du fuhrer lui même décidant d'arrêter les colonnes U.S. sur la Rance ... le général SPRANG ( du Gollot en Plounévez-Moëdec ) est désigné pour ce barrage ... sur la Rance alors que les unités US défilent déjà à Merdrignac qui est aux mains de la résistance...
Le bataillon 629 de la 266ème Division d'Infanterie qui stationne de Perros-Guirec à Plestin-les-Grèves en passant par Lannion, bataillon de mercenaires des pays de l'Est qui n'inspirent pas confiance au commandement, et qui sont commandés par le hauptmann le capitaine ERTEL, un gibier de potence, doit faire mouvement sur Saint-Pol-de-Léon avec sa formation pour y relever le 3ème bataillon n° 629 allemand qui inspire confiance au commandement pour marcher sur Dinan, où n'arriveront que des débris de la formation, le reste rencontre des blindés U.S. au sud de Morlaix. En fin de journée du 5 Août les colonnes U.S. entrent en Finistère et se dirigent sur Brest.